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Et bien souvent je me demande
D’où vient, dans nos tristes partis
Quand les hommes sont si petits
Que les sottises soient si grandes
VICTOR HUGO




25 juin 2007.

De l'obligation de vote.

J'aimerais vous poser une question : Pourquoi le vote est-il obligatoire ?
Bon, d'accord, il n'y a pas qu'en Belgique qu'il est obligatoire : il l'est aussi au Luxembourg, dans quelques cantons suisses et dans plus de trente pays sur plusieurs continents, soit 15% des pays du monde. L'Italie qui l'appliquait également a abandonné l'obligation pour le droit de vote.

En Belgique le vote est obligatoire depuis 1893, autrement dit, il a toujours été obligatoire.
À l'époque, un débat faisait déjà rage en France sur ce principe.

Je ne sais pas bien s'il s'agit d'une réminiscence soixante-huitarde qui me prend sur le retour, mais voilà que je souhaite ne plus participer à ce rite.

Ce qui me gène dans le vote obligatoire est l’élément de contrainte qui est incompatible avec les libertés individuelles des démocraties modernes.

Vous pourriez me dire que l’abstention est bien un réel problème qui doit être résolu.
Mais l’abstention est peut-être un produit des libertés démocratiques qu’il faut prendre et accepter en tant que tel.

Faites-vous partie de ceux qui croient que l’abstention des voix de ceux qui refuse de voter changerait de façon profonde le rapport de force entre les partis en lice ?
Si c'est là votre argument pour le vote obligatoire, vous serez déçu d'apprendre que les -rares- études françaises ainsi que les -très nombreuses- études américaines sur le sujet ont toutes répondu dans le même sens : le résultat ne s'en trouverait pas changé.

Vous me direz que le vote, en tant que représentation de la volonté générale et de la souveraineté partagée, représente pour l’électeur une obligation de prendre ses responsabilités par rapport à ses concitoyens en exprimant sa volonté, sa part de souveraineté. Qu’il ne s’agit en rien de la seule obligation civique à laquelle fait face chaque citoyen, telle l’obligation de participer à un jury d’assises, de payer des impôts etc.
C’est l’argument le plus dénué de toute prétention philosophique et je ne vous en félicite pas.

Vous pourriez me dire aussi, si vous êtes pour le vote obligatoire, que l’abstention représente un réel danger pour la démocratie et que le vote obligatoire fait chuter de façon significative le niveau de l’abstention.
Mais je vois là un objectif qui se veut d’abord pragmatique, puisqu’il vise à réduire l’abstention. Par contre, un nombre important d’électeurs non-intéressés ne réfléchissent pas au choix qu’ils effectuent et peuvent ainsi élire des éléments dangereux pour la démocratie. Je n'hésite même pas à surenchérir en disant que des électeurs non-motivés votent dans la majorité des cas pour des partis extrémistes.

Ceux qui sont pour le vote obligatoire ne trouvent que cette solution à leur problème de participation.
Or, l'obligation de vote rend impossible l’évaluation d’autres méthodes, non contraignantes, de faire augmenter la participation électorale. Le vote obligatoire n’est probablement pas le seul ou le meilleur moyen de faire baisser l’abstention dans une démocratie occidentale.

Vous pourriez ajouter que la légitimité des élus est accrue quand la participation électorale est plus importante.
Vous estimez donc qu’une élection avec une abstention importante délégitimise le résultat, ne reflète pas correctement la volonté du peuple. Permettez-moi de me demander si une élection est forcément plus légitime si l’objectif d’une participation accrue est obtenu sous la contrainte, alors que nul n'ignore que l’abstention est un avertissement critique adressé à l’état, dans son fonctionnement et sa légitimité.

Vous pourriez continuer et dire que le vote obligatoire peut aussi dans le cas où l'on peut craindre un niveau de corruption inquiétant des partis et des hommes politiques, avoir un effet positif dans le sens où l’obligation de voter permet aux partis de dépenser moins d’argent pour inciter l’électorat à se rendre jusqu’aux urnes, ce qui les rend moins dépendants de sources financières et peut donc indirectement affaiblir la corruption.
C'est étrange comme certains mots en appellent d'autres. En lisant ces lignes, résonne en moi un mot : Charleroi ... Charleroi ... Charler....

Et si vous me dites que le vote obligatoire a un effet éducatif par rapport au système politique et démocratique en d’autres termes, que le vote obligatoire a un effet de socialisation,
je répondrais que forcer les citoyens à s’exprimer peut les décourager dans leur éducation politique, les rendre en quelque sorte apathiques à la vie politique du pays, leur enlever toute volonté d’action, d’engagement politique en réaction à la contrainte du vote obligatoire.

Si vous pensez que, avec le vote, il s’agit de défendre le bien commun et non pas de défendre des intérêts particuliers,
il n’est donc nullement nécessaire de faire participer la société entière, mais seulement ceux qui souhaitent manifester un choix pour le bien général de la société.

Le vote obligatoire est contraignant mais de plus il ne s’attaque pas aux vrais problèmes qui causent l’absence d’une certaine partie de l’électorat des démocraties occidentales aux échéances électorales : en cela vous cassez le thermomètre plutôt que de guérir la maladie. Le vote obligatoire ne résout pas le problème de la participation des citoyens à la vie politique du pays, ou plus généralement de l’engagement des citoyens. Au contraire, en le cachant derrière le voile de participation forcée, il en rend le traitement encore plus difficile.

Le tout sans compter les coûts financiers que peut avoir un système de vote obligatoire : ils sont doubles, car il y a l’organisation et les poursuites.

Il y a un parallèle que je ne peux m'empêcher de faire : la pension, ou retraite, bref, l'après vie active, est un droit. Si elle était obligatoire, vous arrêteriez de travailler et le paiement de votre pension vous arriverait de facto. Mais, comme il s'gait d'un droit, le paiement n'arrive au nouveau pensionné que si celui-ci en a fait la demande. Le vote est un droit, di-ton. Pourquoi nous y obliger sous peine d'amende. Si le vote était véritablement un droit, comme pour la pension, celui qui entre dans certaines conditions, devrait pouvoir demander à particier à ce que d'aucun appellent le devoir civique. Encore un paradoxe, tiens. Le droit de vote est un devoir civique qui est obligatoire. Curieuse définition du pays libre.

Pour terminer, voter m'impliquerait, par définition, dans l'avenir de ce pays. Or je ne peux m'investir dans un avenir qui est, à mes yeux, des plus noirs. Dans le meilleur des cas, le sud du pays retournera dans son giron maternel, la France qu'il n'aurait jamais dû quitter. Voter maintenant est donc inutile. Dans le pire des cas, le sud restera attaché, d'une façon ou d'une autre, au nord qui tend de plus en plus vers ses racines les plus terribles, qui retourne lentement mais inexorablement à ses heures les plus noires de l'humanité. L'avenir tel que je le conçois pour la Belgique consiste en un état totalitaire soumis à la botte de quelques flamands qui ont déjà pris le commandement de toutes les administrations, qui ont placé leurs hommes dans toutes les hiérarchies, privées ou étatiques, dominent les services de police, gendarmerie et de renseignement. Regardez cette loi sur les armes : ils anticipent la réaction d'un peuple s'apercevant, trop tard, qu'il est mains et pieds liés à une dictature et dont la réaction se ferait immanquablement dans le sang. Voter maintenant c'est donner un blanc seing à nos tyrans de demain.
Le nationalisme ne passera pas par moi.
Voter pour les partis traditionnels, c'est s'auto condamner. Voter pour les partis traditionnels francophones, c'est la dernière des solutions : leurs élites ne songeant qu'à leur maroquin, ils sont tous disposés à pactiser avec ceux du nord. Je ne peux me résigner à cela car un traître est à mes yeux plus haïssable qu'un ennemi -qu'en l'occurence je ne hais point car c'est sa dérive nationaliste que j'estime profondément inquiétante-.

Et je laisse aux dépourvus d'audace les dessins débiles et autres graffitis puérils qui ne sont que l'interprétation de leur pauvritude d'imagination.

À Messieurs qu'on nomme Grands,
Je ne suis plus votre obligé,
Comines.info






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