Une information judiciaire vise la Sûreté de l'Etat.
Le parquet de Bruxelles a ouvert une information judiciaire à l'encontre de hauts fonctionnaires de la Sûreté de l'Etat, soupçonnés de calomnie et de diffamation au détriment du baron Benoît de Bonvoisin.L'enquête, initiée par le procureur du roi Bruno Bulthé, vise en premier lieu Albert Raes, l'ancien patron de la Sûreté de l'Etat. Avec quelques collaborateurs proches, ce dernier aurait, au début des années 80, rédigé une note dans laquelle le baron est décrit comme étant un financier d'extrême droite. Le Comité R, qui contrôle les services de renseignement, planche par ailleurs sur un rapport concernant d'éventuelles malversations au sein de la Sûreté de l'Etat.
Source: 7sur7.
Le baron se définit, pour ceux qui n'ont toujours pas saisi sa démarche, à la fois comme tête de file des gentils-paranos et leader des has-been.
Les problèmes du baron sont édités sur son site, ici. En voici un résumé:
A côté de son action politique au CEPIC, Benoît de Bonvoisin exerça une influence au Zaïre, d'une part dans la lutte anti- communiste et d'autre part, avec des amis de l'administration américaine, pour freiner la corruption belgo-zaïroise.
Le Ministre lui confia avec le Général Roman des missions de lutte contre l'influence soviétique en Belgique. Nous étions à l'époque cruciale de l'installation des missiles de défense contre les missiles offensifs déjà installés en Union Soviétique. Benoît de Bonvoisin, par ses relations aux Etats-Unis et en France, fut amené à demander qu'un contrôle démocratique soit exercé sur la Sûreté de l'Etat belge, le seul service secret à ne pas être contrôlé démocratiquement. Le désir de Benoît de Bonvoisin était plus que nécessaire. En effet, l'Administrateur Général de la Sûreté de l'Etat, Albert Raes proclamait : Mon métier est de mentir. Il n'hésitera pas, dans le cadre des troubles au Zaïre, où son rôle fut plus qu'équivoque, à mentir à Monsieur Van den Boeynants. Raes démasqué affirmera au Chef de Cabinet de M. Van den Boeynants, le Colonel Everaert, devenu Général : J'aurai sa peau.
Raes sera amené, notamment par l'action de Benoît de Bonvoisin, à démissionner en 1990. Pour ceux qui souhaitent des précisions sur le rôle peu démocratique de cet ancien magistrat, devenu chef de la Sûreté et des Services secrets dans la capitale militaire de l'Europe, nous leur conseillons de lire :
Le livre du journaliste néerlandophone Jeroen Wils : De Weg naar de Wanorde ( La Sûreté de l'Etat, le Chemin vers le Désordre) aux éditions Van Halewyck ;
Le livre du numéro deux de la Sûreté de l'Etat, le Commissaire Victor Massart : Les Dés étaient pipés. Conspirations à la Sûreté de l'Etat, aux éditions Quorum ;
L'étude du Professeur à l'Université de Louvain, Lode Van Outrive : Les Services de Renseignement et de Sécurité, au Centre de Recherche et d'Information socio-politiques.
Benoît de Bonvoisin était très apprécié par Alexandre de Marenches , chef des Services Secrets français, qui ne portait pas Albert Raes en haute estime.
Par vengeance, l'ancien magistrat Albert Raes, avec des amis du Parquet, de la politique et de la presse, déclencha contre Benoît de Bonvoisin la plus importante campagne de calomnie qu'ait connue le pays. D'abord il tenta, au travers d'une note confidentielle, de le mêler à l'extrême droite, ce qui était un des moyens souvent utilisés par les services secrets soviétiques. Après l'échec de cette première tentative, il monta des dossiers à caractère financier et fiscal. L'opération fut lancée en mai 1981, au moment où Benoît de Bonvoisin s'apprêtait à faire tapisser le pays d'une affiche très évocatrice visant à défendre l'installation sur le territoire belge des missiles de défense américains de dissuasion contre les missiles soviétiques déjà braqués sur la Belgique.
Sur les liens entre les services soviétiques ou des pays de l'Est et la Sûreté de l'Etat, nous nous bornerons à faire référence à un article paru le 5.6.1990 dans un des premiers quotidiens belges, La Libre Belgique : Un transfuge du KGB livre ses contacts belges : une Sûreté de l'Etat avec laquelle les Américains refusent toujours de travailler, estimant qu'elle est infiltrée elle-même par le KGB.
Le professeur Lode Van Outrive, déjà cité, conclura : Plus d'une fois, les Américains essayèrent de convaincre Raes de cibler en premier lieu les pays d'Europe de l'Est, alors que lui-même préférait réserver son attention sur les mouvements d'extrême droite. Cela indisposa les Américains, qui obtinrent sa démission. Quant au tout puissant chef de la STASI de l'Allemagne de l'Est, Markus Wolf, à des agents qui risquaient d'être démasqués, il conseillait de se rendre dans des pays à moindre risque tels que… la Belgique. Le journaliste qui fit la plus grande publicité d'Albert Raes n'était autre qu'un des collaborateurs des Cahiers marxistes, Philippe Brewaeys. Il n'est pas inutile de comparer le nombre d'agents soviétiques ou des pays de l'Est mis à la porte de la Belgique avec ceux mis dehors dans les autres pays européens.
La campagne contre Benoît de Bonvoisin, orchestrée par la Sûreté et ses complices des différents Pouvoirs fut telle :
Instruction des juges Lyna et Colin exclusivement à charge,
Refus du juge Colin de saisir la comptabilité de la Sûreté pour déterminer ceux qui étaient payés pour nuire à Benoît de Bonvoisin alors que la Cour d'Appel lui avait ordonné cette saisie,
Le substitut J.F. Godbille, sur ordre de la même Cour d'Appel, transmit à Benoît de Bonvoisin le dossier judiciaire prétendument à l‘origine des accusations contre lui. Le dossier que le substitut transmit était un faux intellectuel total composé d'éléments étrangers au dossier dit d'accusation. Le même substitut n'hésitera pas en audience publique à menacer très lourdement ceux qui oseraient accuser la Sûreté de l'Etat en complicité avec des journalistes,
Le même substitut n'hésitera pas, pour aider Raes, à mentir sous serment contre Benoît de Bonvoisin à une Commission parlementaire d'enquête,
L'adjoint de Raes, le Colonel De Vlieghere, n'hésitera pas à ordonner à ses subordonnés de changer le conditionnel en présent dans les procès-verbaux qui concernaient Benoît de Bonvoisin,
Le Ministre de la Justice Jean Gol n'hésitera pas à violer l'indépendance des Pouvoirs et à affirmer publiquement : La Sûreté est un outil impeccable. Il organisa aux frais du contribuable des déjeuners avec des journalistes pour les inciter à calomnier Benoît de Bonvoisin,
Le Ministre, avocat de métier, ira même jusqu'à travestir totalement, pour aider Raes, un arrêt de la Cour d'Appel de Bruxelles favorable à Benoît de Bonvoisin et très défavorable à Raes.
La turpitude judiciaire, policière et médiatique, contre Benoît de Bonvoisin prit de telles proportions que, fait unique dans l'histoire judiciaire de la Belgique, un haut magistrat, qui fut Président du Tribunal de Première Instance de Liège et expert auprès de deux commissions parlementaires sur le dysfonctionnement judiciaire, Marcel Trousse, publia dans le très scientifique Journal des Procès de septembre 1994 : Les Libertés, la Police et le Droit à l'Honneur, une étude où il exprimait son indignation de la manière dont Benoît de Bonvoisin avait été traité et, des moyens mis en œuvre pour éviter à Raes d'être poursuivi en Correctionnelle.
Le Professeur Bernard Bouloc, qui occupe la chaire de droit pénal à La Sorbonne, s'intéressa au dossier Bonvoisin et conclut qu'il avait été traité de manière indigne dans un Etat de droit et posa même la question de savoir s'il n'avait pas été victime d'un terrorisme d'Etat.
Benoît de Bonvoisin fut mis en prison notamment, car des collaborateurs du substitut Godbille voulaient voler les archives du Gouverneur Galopin contre la collaboration économique. Bien évidemment, le crime découvert et dénoncé n'entraîna aucune poursuite du Parquet Général et du Ministre de la Justice contre Monsieur Godbille et son collaborateur de la gendarmerie, Patrick Debaets. Bien au contraire, le substitut qui, rappelons le, avait transmis à Benoît de Bonvoisin un faux, en avait fait usage et n'avait pas hésité à faire un faux témoignage sous serment à une Commission parlementaire d'enquête sur les dysfonctionnements judicaires, reçut une promotion pour bons et loyaux services. Il fut nommé Avocat Général.
Pour rappel, M. Raes est maintenant consul honoraire du Maroc à Bruges.
Le Comité R, qui contrôle les services de renseignement, planche par ailleurs sur un rapport concernant d'éventuelles malversations au sein de la Sûreté de l'Etat
La dernière phrase de la dépêche est diantrement inquiétante: Le Comité R planche sur un rapport concernant d'éventuelles malversations au sein de la Sûreté de l'Etat.
Un rapport ? De qui ? De quoi ? Malversations ? Qu'entends-t-on par là ? Détournement de fonds ? Concussion ? Escroquerie, fraude ?
À suivre ...