Bon appétit, bien sûr.
Aujourd'hui, la truite du Nil.
Quel délice cette truite. Poêlée ou au four elle exhale un parfum inimitable. Elle sent comme là-bas, dis!
Bon parlons-en un peu de cette truite.
Il faut savoir que la truite du Nil se pêche dans.... le lac Victoria ! Eh oui! Ils ne savent pas ce qu'ils ont à portée de main, les kényans qui vivent en bordure du lac. Il faut dire qu'ils n'ont pas beaucoup de temps pour apprécier le fabuleux spectacle qu'offre un coucher de soleil sur ces eaux. Plutôt que de profiter de la vue, de se jeter dans l'eau puis se sécher au soleil, la plupart passent leur journée à travailler.
Ils ne savent pas ce qu'ils perdent.
Tenez, par exemple, l'autre jour, en faisant la sieste à deux pas du lac, entouré de kényanes qui faisaient leur vaisselle dans le lac, grave erreur quand on sait que l'eau est très sérieusement polluée par les déchets industriels, plus ou moins deux cents kénians suent sang et eau en lavant des voitures à même la plage. Ils passent inaperçus parmi les quelque mille hommes et femmes qui travaillent quotidiennement là. Ils glissent souvent à l'eau, soit à cause de l'huile de palme qui sert aux voitures après avoir servi à la cuisine, soit à cause des déjections en tout genre qu'il faut bien laisser sur place, puisqu'il n'y a qu'une latrine, payante! Même s'il y en avait deux cent, vous affichez payant dessus, et ils font là où ils sont, comme ils ont appris étant petits. Ils tiennent ça des vieux qui font aussi là où ils sont. Les mouches font partir les moustiques.
Mais j'en reviens aux laveurs. Rien que sur la côte kényane, il y a une vingtaine de sites comme celui-ci. Particularité, les laveurs ont tous, oui, TOUS, qui la bilharziose, qui le choléra, la tuberculose, pneumonie, diarrhée, vers intestinaux et autres maladies de peau.
De plus, chaque jour des des millions de litres d'égouts non traités sont déversés dans le lac.
Bon, alors, cette truite, on l'éventre puis...hein? ... ah bon.