Alexandre Litvinenko a été empoisonné.
L'ex-colonel du FSB, l'ex KGB, prononcez kaguébé, a choisi l'exil en Grande Bretagne suite à la complication de ses relations avec les autorités russes qui se sont déplorablement dégradées ces derniers temps.
Il en explique les raisons dans son livre Blowing Up Russia.Alexandre Litvinenko est entre la vie et la mort. Les médecins lui accordent 50/50 chance de s'en sortir.
Il a été empoisonné au thallium. Un gramme, c'est à dire moins que la quantité de sel que vous mettez sur votre steack, suffit à vous expédier ad patrès.Ce poison, autrefois utilisé dans les insecticides puis abandonné lorsqu'on a découvert qu'il est cancérigène, est connu dans le métier sous le nom de Poison des espions russes.
Il a été empoisonné au début du mois de novembre alors qu'il avait rendez-vous dans un restaurant sushi de Londres.
L'objet du rendez-vous concernait l'assassinat d'Anna Politkovskaya, la journaliste assassinée par balle dans l'ascenseur de chez elle en octobre dernier et qui avait, elle aussi, déjà bénéficié en 2004 de l'attention des chimistes russes qui avaient décidé unilatéralement de raccourcir de beaucoup sa durée de longévité à la suite de son enquête sur la tuerie de Beslan qu'elle attribuait au Kremiln.Mais ça ne se fait pas, ça, me direz-vous ! Eh ben si !
Les Russes, c'est comme ça ! Ou tu dis et tu fais comme eux, ou tu meurs !Et qu'avaient-ils donc fait ?
Anna Politkovskaya enquêtait sur les crimes d'état des dernières années. Elle savait très bien qu'elle encourait le courroux de celui qui est appelé là-bas, le Grand Fuhrer, plus connu chez nous sous le nom de Vladimir Poutine. L'été dernier encore, à un ami qui lui demandait d'arrêter ses investigations, elle répondit :
Si je ne le fais pas, ce sont des jeunes qui reprendront ce travail : ils ont des femmes et des enfants derrière eux !
Comme quoi, on peut être Russe et avoir des sentiments.Quand à Alexandre Litvinenko, il n'a pas eu de chance. Il critiquait pratiquement tout ce que faisait le Kremlin depuis quelques années.
Petit rappel : Le 27 octobre 1999 Moscou organise la fusillade du parlement arménien.
Alexandre Lebed soupçonne le Kremlin d'avoir orchestré les attentats, à la suite de quoi il meurt dans un accident accidentel d'hélicoptère.
Le Kremlin, lui, attribue très vite ces attentats aux terroristes tchétchènes, et, pour prouver sa bonne foi, crée une commission d'enquête qui est composée de députés d'opposition et de défenseurs des droits de l'homme. Elle est dirigée par le député et ex-dissident, le ex est important, soviétique Sergueï Kovalev. Elle a été créée à l'initiative de députés proches de Boris Berezovski qui doit être assassiné par Alexandre Litvinenko. Celui-ci préfère l'exil plutôt que la prison à vie pour ne pas accepter de tuer Berezovski. Car lui aussi connait la vérité. Il accuse Moscou d'avoir organisé la fusillade du parlement arménien le 27 octobre 1999. La fusillade du parlement a été organisée par les services secrets russes, plus précisément par le GRU, prononcez GROU comme une grue par un italien, service de renseignement de l'armée russe, dans le but de réaliser certains objectifs politiques.
Les services secrets russes procèdent souvent à ce genre d'activités subversives. Le processus de paix ne se développant pas dans le sens voulu par la Russie, ses services secrets ont été poussés à mener une opération spéciale au parlement arménien.
La méthode la plus efficace qu'utilise les Russes, c'est de poser des bombes un peu partout dans leurs propres capitales, par leurs propres services secrets, afin de jeter le discrédit sur les Musulmans et justifier l'arrestation de tous les Musulmans qu'ils jugent dangereux. Les Américains ne sont pas en reste, par exemple la soit-disant attaque d'Al Qaida sur les tours du WTC le 9/11-, les Français et les Israéliens, entre autres, et même les Belges avec les tueurs du Brabant- selon P. Pesno, France Inter-.
Des preuves accablantes et irréfutables existent pour l'Ambassade russe en Arménie, Beslan, les faux-attentats à Moscou, mais le grand public s'en fiche. Nous sommes arrivés à un âge où la VéRITé n'a aucune valeur aux yeux du public, parce qu'il a déjà subi un lavage de cerveau par les médias et les institutions publiques.
Les 9 et 13 septembre 1999 ces immeubles explosaient causant la mort de 200 personnes à Moscou. Le Président Russe lui-même a déclaré que les explosions de Moscou étaient une bonne excuse pour continuer la guerre en Tchétchénie. Les Russes ont expulsé la plupart des Musulmans de Moscou et de sa banlieue -nettoyage ethnique- afin de se protéger au maximum contre toute possibilité de réaction de la population moscovite musulmane, en raison de leur invasion et occupation illégales de la Tchétchénie musulmane.
Mais beaucoup de citoyens russes ont renoncé à leur liberté en échange de leur sécurité.
Le député ex-dissident Sergueï Kovalev, qui dirige la commission d'enquête officieuse sur les attentats de 1999, a jugé ce témoignage insuffisant à cette étape de l'enquête, pour prouver l'implication des services secrets russes dans les attentats. Les autorités russes ont accusé à l'époque les résistants tchétchènes de ces attentats, mais sans en donner la preuve. Des attentats qui ont été l'une des raisons invoquées par le Kremlin pour intervenir militairement en Tchétchénie le 1er octobre 1999. Poutine est devenu président pour une grande part grâce à ces attentats. Mais, est-ce que cela signifie que se sont les services secrets qui les ont organisés ? Aucune preuve bien sûr, mais il me semble intéressant de prêter attention à cette éventualité comme à celle qui préocuppe de nombreux Américains au sujet du WTC.
L'ex-colonel du FSB Alexandre Litvinenko considère que l'assassinat, le 17 avril dernier, du député co-président du parti Russie Libérale, Sergueï Iouchenkov, pourrait bien être politique. Iouchenkov enquêtait sur la prise d'otage du théâtre de Moscou, en octobre dernier, par des terroristes tchétchènes. Iouchenkov aurait soupçonné les Services de Sécurité, FSB, d'être derrière cet attentat, rapporte lenta.ru du 25 avril. Litvinenko rapporte que, à l'occasion d'une conférence de presse qui se déroulait à Londres début avril, il aurait communiqué à Iouchenkov le nom d'un agent russe, Khanpacha Terkibaïev. Ce Terkibaïev, chargé d'infiltrer les groupes rebelles, serait impliqué dans cette prise d'otages et aurait été présent sur les lieux de la prise d'otages jusqu'à l'intervention des Forces de l'ordre. En 2000, l'agent aurait travaillé dans les services de presse du Président Maskhadov et se trouverait aujourd'hui dans l'entourage du leader tchétchène pro russe, Malik Saïdoulaïev, proche des Services Spéciaux russes. Litvinenko est convaincu que Iouchenkov s'apprétait à enquêter sur cette affaire et que c'est une des raisons de son assassinat.Le Chef de guerre tchétchène, Chamil Bassaïev, mis en cause dans cet assassinat par un site web, a déclaré que Iouchenkov avait été tué par des gens craignant qu'il ne découvre la vérité. Revenant sur les circonstances de l'attentat d'octobre, Bassaïev a précisé que, initialement, les 16 preneurs d'otages devaient s'attaquer à la Douma et au Conseil de Fédération, et non à un théâtre. Bassaïev, sans donner de plus amples détails, a fait savoir que les détonateurs des commandos tchétchènes avaient été trafiqués et que le groupe avait été infiltré. Il avait lui-même donné tous ces détails à Iouchenkov au début du mois d'avril. Le représentant du Président Maskhadov, Akhmed Zakaïev, a corroboré ces dires. Dans une interview publiée dans Novaïa Gazeta, le fameux espion du FSB, Khanpacha Terkibaïev, qui se targuait déêtre en étroites relations avec le représentant du Président russe, Iastrjembski, affirmait ne pas être mêlé à la prise d'otages du théâtre.
Les réglements de comptes politico-économiques, devenus courants lorsqu'un capitalisme sauvage a succédé à l'économie planifiée communiste, ont certes depuis diminué en nombre. Mais ils restent une réalité dans le monde des affaires. L'été dernier, c'est un célèbre journaliste, Paul Klebnikov, rédacteur en chef de la version russe de Forbes, qui a été assassiné, lui aussi en pleine rue. Même si les enquêteurs ont lié ce meurtre à un groupe criminel tchétchène, la lumière n'a pas été faite. Le mois dernier, la voiture blindée d'Anatoli Tchoubaïs, le patron de la compagnie publique d'électricité et l'un des leaders de la mouvance libérale, a été attaquée par plusieurs hommes à l'arme automatique et à l'explosif. Tchoubaïs n'a pas été touché. Depuis, l'enquête a conduit à l'arrestation d'un colonel à la retraite mais n'a pas révélé les motifs derrière cette tentative.
Et à l'étranger, ça marche aussi ? Ben vi. La présentation du scandale des caricatures comme une provocation des services secrets russes motivée par la volonté de Moscou de se venger du refus de Copenhague d'extrader le séparatiste tchétchène Akhmed Zakaev vers la Russie en 2002 a été très largement débattue par les médias locaux. Le politologue Raimundas Lopata, qui a donné son avis sur ce scandale, y voit la main de Moscou, une vengeance d'un Etat sur un autre Etat, plus petit. Cette version correspond aux affirmations d'Alexandre Litvinenko.
Pour terminer, A. Litvinenko déclare que Ayman al-Zawahiri, numéro deux d'Al Qaida, a été entraîné au combat au Dagestan par le FSB.
Soyez étonnés après ça qu'on ne lui veuille pas que du bien.Ce lundi 20 novembre 2006, Litvinenko est entre la vie et la mort.