Il faut rendre l'islam à l'islam.
Des musulmanes repensent la place des femmes dans l'islam.
Des fidèles de nombreux pays musulmans ont débattu durant trois jours des lois discriminatoires envers les femmes. Des participants, femmes et hommes venus d'Iran, du Pakistan, du Soudan, de Malaisie, d'Algérie, de Tunisie, du Sénégal et d'Afrique du Sud se sont retrouvés à Barcelone pour partager leur expérience et débattre de la charia et des lois discriminatoires envers les femmes.Le mouvement féministe islamique est né d'un mouvement intellectuel à l'intérieur de l'islam, critique à la fois de la modernité occidentale et de la tradition issue des textes. Tous ont en commun de revendiquer la compatibilité de l'islam avec l'égalité des sexes et le respect des droits de l'homme. A condition que l'on cesse d'imposer une lecture machiste du Coran.
Certes, ce mouvement est encore minoritaire dans le monde musulman. Les figures du mouvement sont toutes des intellectuelles, militantes, écrivains, enseignantes vivant à l'étranger ou ayant eu l'expérience de la vie dans un pays occidental.
Il faut une nouvelle lecture des textes car ils n'ont pas été modernisés. La solution est une lecture analytique du Coran qui montre que l'islam n'est pas une société patriarcale qui doit soumettre la femme à l'autorité de l'homme. C'est pourquoi elles dénoncent la lecture patriarcale qui en est faite et la manipulation d'un texte qui, selon elles, porte en lui les fondements de l'égalité homme-femme.
Tuer au nom de l'honneur n'a rien d'islamique.
Les lois Houdid sont toujours en vigueur notamment au Pakistan. Celles-ci exigent qu'une femme victime d'un viol produise les témoignages de quatre hommes qui corroborent les faits, donc doivent avoir été témoins.
A l'opposé, une femme peut être accusée d'adultère, et même être condamnée, pour avoir dénoncé un viol qu'elle ne peut pas prouver !Ces lois n'ont rien à voir avec l'islam, mais elles sont maintenues car présentées par les islamistes les plus fondamentalistes comme islamiques et, à ce titre, elles ne peuvent pas être changées. Dans ce cas, l'islam est utilisé comme un instrument de vengeance personnelle, une dynamique de pouvoir.
Pour avoir contesté ces lois, Shaheen Sardar Ali, alors qu'elle faisait partie du premier gouvernement du président Pervez Moucharraf, a été menacée et accusée d'apostat.
Si je n'avais pas mené mon argumentation dans le cadre de l'islam, je n'aurais jamais été capable de défendre mon point de vue, mon argumentation n'aurait pas été considérée comme légitime.Apparemment, ça commencerait à bouger. Un frémissement qui ne deviendra jamais bouillonnement, le couvercle sera remis sur la marmite avant une surchauffe qui pourrait en déranger plus d'un.
Bref, à mon avis, elles arrivent trop tard pour nous. Nous serons islamisés bien avant qu'elles n'atteignent le statut d'égales de l'homme.