Comines championne de Belgique !
Analphabétisme: enfin des données claires pour la Communauté française.
Des décennies qu'on en parle. Qu'on constate. Qu'on s'interroge. Et qu'on déplore le taux d'analphabétisme persistant - 10 % d'adultes - en Belgique, en moyenne.
Des associations se sont créées. Parfois avec une belle efficacité. Mais sans réelle coordination. Et surtout sans politique efficace menée par le gouvernement de la Communauté française.
Ca va enfin pouvoir changer. Début 2005, huit ministres se sont mis autour de la table. Un comité de pilotage a été créé, composé de spécialistes et de passionnés, dont un certain Régis Dohogne, jeune retraité de la CSC-Enseignement. Ils viennent de finaliser leur volumineux rapport, dont la DH a pu prendre connaissance. Et ses constats sont éclairants.
Définition. L'analphabète n'est pas seulement celui qui ne sait ni lire ni écrire. L'Unesco y englobe les personnes à faibles diplômes, comprenant difficilement le sens de ce qu'ils lisent. Le rapport belge reprend donc, commune par commune, le nombre de personnes sans diplôme ou n'ayant pas dépassé les primaires.âge. De 40 à 50 % des personnes potentiellement analphabètes ont plus de 65 ans. Pour les 50-64 ans, c'est entre 19 et 29 %, pour 7 à 11 % des 25-49 ans, puis 2 à 4 % des 18-24.
Sexe. Dans quasiment chaque commune, on constate plus d'analphabètes chez les femmes que chez les hommes, sauf chez les 18-24 ans où c'est l'inverse.
Régions. Le lieu d'habitation influence le taux d'analphabétisme. Il est plus important dans les régions du Centre, de Charleroi et du Hainaut occidental, mais aussi dans les entités près de la frontière française.
Retard. C'est dans le Luxembourg et, globalement, dans les régions rurales que le problème se résorbe le mieux. Mais c'est dans le nord-ouest de Bruxelles et dans l'agglomération liégeoise qu'il se résorbe le moins vite. L'immigration en est sans doute une des causes.
Extrêmes wallons. Mouscron détient la lanterne rouge, avec 24,4 % d'hommes et 32,5 % de femmes touchés. Comines détient le pompom avec 31,9 % de femmes et 26 % d'hommes. Antoing les suit avec 30,7 % de femmes et 21,4 % d'hommes. En haut de classement : Lasne (7,6 % de femmes et 6,6 % d'hommes) puis Waterloo (9,3 % de femmes, 6,8 % d'hommes).
Extrêmes bruxellois. Saint-Josse (31,4 % de femmes, 25,8 % d'hommes) est lanterne rouge. Et Woluwe-Saint-Pierre domine (8,3 % de femmes, 6,3 % d'hommes).
Offre. C'est en Wallonie que l'offre en services d'alphabétisation est la plus problématique. La pénurie concerne surtout le sud du Hainaut et de la province de Namur ainsi qu'une partie de l'ouest du Luxembourg. Les zones rurales, souvent frontalières, posent problème.
Pénurie. En 2004-2005, 162 organismes ont pris en charge 16.001 apprenants, dont 64 % de femmes (71 % à Bruxelles), 67 % de 26-50 ans et 77 % de non-Belges. Un sur deux (48 %) n'avait pas de diplôme de primaire. Mais 5.600 candidats ont dû être refusés faute de place : plus de 4.000 à Bruxelles et 1.500 en Wallonie. Le plus souvent, l'écartement concerne des personnes d'origine étrangère désireuses d'appendre le français. Quant aux formateurs, 48 % sont bénévoles, la moitié étant pensionnés.
Vu sur la � La Derni�re Heure 2006,
Merci à tous les responsables qui se reconnaîtront et sans qui nous n'aurions jamais pu atteindre ce niveau.