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26/08/06.

Les jeunes et l'alcopops.

Tout le monde sait ce que sont les alcopops et qu'ils sont en vente en accès libre. Vous dire que les jeunes en raffolent est un euphémisme. Le danger d'une assuétude est réel. Que peut-on faire pour éviter à quelques uns qu'ils ne tombent dans la spirale infernale de l'alcoolisme?
On constate depuis quelques années une forte diminution des ventes d'alcools classiques tels que le vin, la bière ou les spiritueux.
S'est alors affirmé une volonté claire des producteurs d'alcools de compenser par des produits mieux adaptés et de trouver une nouvelle cible: les jeunes.
Je veux parler ici des boissons alcoolisées préconditionnées, également connues sous le nom de prémix, alcopops, breezers ou designerdrinks: on compte aujourd'hui déjà plus de 25 types.
L'industrie de l'alcool jure ses grands dieux que les alcopops s'adressent à un public légalement autorisé à boire de l'alcool et ne sont qu'une alternative au vin et à la bière. Le goût sucré, la présentation branchée et les couleurs attractives de ces boissons indiquent clairement qu'elles visent les jeunes et ouvrent un nouveau marché sans nuire aux autres.
Les spécialistes de la prévention et de la santé, quand à eux, disent que l'augmentation affolante de la vente d'alcopops n'a pas causé de diminution de celle de la bière.
Les alcopops, très populaires chez les jeunes, sont vendus dans des distributeurs automatiques de boissons non surveillés et sont présentés comme des boissons rafraîchissantes ou energisantes. L'alcopops, nom générique que j'utiliserai pour désigner ces boissons, est une boisson moins amère que la bière, sucrée, agréable à boire, très proches des goûts habituels des limonades et sodas. Le goût de l'alcool n'y est pas dominant, voire imperceptible mais y est présent toutefois au taux élevé de quatre à huit pour cent d'alcool en volume, et sa teneur en sucre est nettement plus élevé que le contenu total de sucre de la bière qui se situe entre 30 et 40 gr/litre.
Un emballage aux couleurs pétantes attire le jeune, très sensible à l'esthétique du flacon, qui peut difficilement résister au produit attractif.
Après un sondage du CRIOC, on constate que de plus en plus de jeunes sont séduits par les belles étiquettes et la délicieuse saveur sucrée: c'est d'abord par curiosité que 40% ont commencé à 10 ans avec une consommation de 50cl semaine. 18% des enfants de 12 et 13 ans boivent chaque semaine 1 litre et demi d'alcool sous cette forme sans prendre conscience des dangers que représentent ces boissons.
Selon les chiffres de l'Association pour les Problèmes liés à l'Alcool et à la Drogue, la consommation d'alcool parmi la jeunesse est passée de 18 à 30 pour cent en l'espace d'un an. Ce sont précisément ces alcopops qui ont favorisé cette augmentation. Alors que 82% des jeunes buvaient régulièrement de l'alcool en 2000, ce chiffre a atteint 92% en 2001.
Vers l'âge de 14-15 ans la majorité des jeunes découvre les boissons alcoolisées et 80% d'entre-eux estiment que les alcopops ne sont pas dangereux.
A 17 ans 72% consomment 2L par semaine.
A l'âge de 19 ans, la bière remonte à la première place, à égalité avec les alcopops, alors qu'entre 20 et 25 ans, la bière prend nettement la tête.
Et la loi interdisant la vente d'alcool aux mineurs ?
La vente d'alcool aux mineurs est régie par la loi du 28 décembre 1983 sur la patente pour le débit de boissons spiritueuses. L'article 13 de cette loi stipule que : La vente et l'offre, même à titre gratuit, à des mineurs, de boissons spiritueuses à emporter, sont interdites .
Le Crioc, le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs a voulu vérifier sur le terrain si la loi est bien respectée. Pour ce faire, le Crioc a eu recours aux services de 5 jeunes acheteurs, entre 12 et 14 ans, qui, accompagnés discrètement d'un enquêteur du Crioc, ont visité 153 points de vente dans tout le pays. De grands magasins de toutes les enseignes, mais aussi des stations-service et des night-shops.
Dire que la loi est bafouée est peu dire, au vu des résultats! Dans 91% des cas, sans aucune réserve, les points de vente visités acceptent de vendre l'alcopop aux jeunes, alors que le produit entre dans la catégorie des boissons spiritueuses interdites aux mineurs. à Bruxelles, aucun magasin n'a refusé, tandis qu'en Wallonie, le pourcentage d'acceptation de vente est de 85% et de 92% en Flandre.
Il est urgent de rappeler la loi et de renforcer les amendes en cas de non-respect!
Mais comment s'y retrouver?
Les alcopops proviennent soit de la première catégorie, Bacardi et coca, soit de la deuxième catégorie, limonade et bière, soit, dans d'autres cas, de la combinaison des deux procédés, fermentation plus alcool éthylique, auquel cas les producteurs peuvent encore mettre leurs produits sur le marché en tant que boissons fermentées avec un volume d'alcool proche de 5%. Ils échappent de ce fait à l'imposition en tant qu'alcool fort et à l'interdiction de vente aux mineurs.
Au sens d'une interprétation stricte de la législation existante, les alcopops sont, selon leur mode de fabrication qui est matière à interprétation, tantôt interdits à la vente par distributeurs automatiques, tantôt autorisés.
C'est le flou on ne peut plus total!
Une proposition de loi date de 2002.
Les Français ont légiféré: En 2004, Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, a déposé un amendement dans le projet de loi sur la santé publique, ensuite votée en deuxième lecture au Sénat. Celui-ci élargit le champ d'application de la taxe dite premix, soit une hausse de la taxation des premix de 5,5 euros par décilitre d'alcool pur. Cette mesure n'a été que partiellement efficace, car les producteurs ont contourné la législation en proposant des boissons à base de bière contenant un mélange d'alcool fort et de soda.
Un nouvel amendement a alors été déposé, permettant de couvrir l'ensemble des nouvelles boissons et relevant encore la taxation de ces nouveaux produits à 11 euros par décilitre d'alcool pur. Mais attention, les boissons à base de vin ont déjà débarqué de plus, il y eut une levée de boucliers des brasseurs Belges, dont les produits alcool et sucre, tombent sous le coup de cette loi, ce qui prédit une belle foire d'empoigne au niveau européen.
Les Flamands s'attaquent au problème, mais dans le cadre de la publicité dans les télé-achats.
Quand on voit qu'il est quasiment impossible de trouver une réponse urgente au niveau national, est-on en droit d'espérer un texte au niveau européen ?
La loi suisse interdit la vente d'alcopops aux jeunes de moins de 18 ans.
La législation en application en Suisse pourrait utilement être étudiée. En effet, depuis le mois de mai 2002, la remise de boissons contenant de l'alcool est interdite en Suisse aux moins de 16 ans. La révision partielle de l'ordonnance sur les denrées alimentaires a introduit certaines modifications dont :
* interdiction de remettre aux enfants et aux jeunes de moins de 16 ans des boissons contenant de l'alcool de fermentation, bière, vin, cidre et boissons à base de cidre, vin obtenu à partir de fruits et de baies,
* il faut attendre 18 ans pour avoir le droit de consommer des boissons comprenant de l'alcool de distillation : alcopops, eaux-de-vie, vodka, Smirnoff Ice, liqueurs, apéritifs...
* les boissons sucrées alcoolisées, exemple alcopops, faciles à confondre avec des limonades doivent porter les indications boisson sucrée alcoolisée et contient X% vol. d'alcool
* les points de vente doivent être munis d'un écriteau bien visible rappelant les restrictions régissant la remise de boissons contenant de l'alcool.
Pour terminer, en attendant les textes de loi visant à supprimer ces ventes d'alcool dans des distributeurs automatiques, textes qui viendront peut-être dans deux ou trois décennies, les alcooliers auront depuis longtemps changé la donne. Je vois poindre à l'horizon des nuages annonciateurs de cirrhoses juvéniles et de vies dramatiquement amputées par l'usage abusif de nouveaux produits: l'alcool en poudre pour la vinification at home, japonais, le vin préemballé en verre jetable que l'on décapsule comme une bouteille de lait, français, et les alco-sachets: concept danois initialement développé spécialement pour répondre aux attentes de l'industrie aéronautique. Son côté pratique a séduit au point d'essaimer un peu partout: dans la poche de tous bientôt. Et le chiller, vous connaissez? Une glace à l'alcool. Qui titre 4.8% d'alcool! Rien moins que ça. Mme Caroline Cassart-Mailleux, entre-autre, s'occupe depuis juin 2006 de cette affaire, ainsi que Karin Jiroflée. Mme Catherine Fonck n'est pas en reste.
S'il faut légiférer, il faut aussi considérer les jeunes en tant qu' êtres et donc leur inculquer le sens des responsabilités et non adopter systématiquement une attitude répressive. Il serait bon de leur apprendre à jouir d'une consommation modérée en laissant la possibilité d'expérimenter. Interdire serait la pire des attitudes à prendre. Avec l'apprentissage sans trop de présence en raison de leur droit à une certaine autonomie, on pourra peut-être éviter pour quelques uns d'entre-eux de se voir aspirer par le vide de l'alcoolisme.



En résumé, qui tient absolument à trouver une réponse constructive, se prépare de belles nuits blanches.



Enfin, j'aborde le problème de l'alcoolisme. Il est autant féminin que masculin: Les réunions d'anciens buveurs du Hainaut sont fréquentées pour un tiers par des femmes. Mais celles-ci sont beaucoup plus nombreuses en réalité. Dans le Limbourg, le taux de participation à ce genre de réunions est de 50/50: autant de femmes que d'hommes.
Pour aider celles et ceux qui en ont un problème d'alcool, qu'ils ou qu'elles soient du canton ou non:
PLAN SOCIAL INTEGRE COMMUNE DE COMINES-WARNETON
RUE BEAUCHAMP, 3 - 7780 COMINES-WARNETON
Tél:056/56.04.56 Fax :056/56.04.55
et
le Mouvement d'Anciens Buveurs, M.A.B.
serge_dumab@yahoo.fr
0474 73 16 75
qui organise des réunions hebdomadaires et gratuites pour aider les malades alcooliques à atteindre et conserver l'abstinence.












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