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27 février 2007.



Les Wallons se réveilleraient-ils enfin ?

Je viens de lire un article intéressant sur le site du Zwar, http://lesoir.be/actualite/belgique/2007/02/26/article_politique_deux_anciens_serge.shtml
En voici quelques extraits.

Deux anciens, Serge Moureaux et Antoinette Spaak, ont conçu le Manifeste pour l'unité francophone.
Il tombe à pic la veille d'un nouveau round de négociations institutionnelles, en pleine campagne électorale, au moment où la Flandre, toujours extrêmement revendicative, hésite cependant à provoquer un choc frontal, et où les partis francophones, eux, entre refus de transiger sur l'essentiel, la sécurité sociale, l'emploi..., et disponibilité au dialogue, éprouvent pas mal de difficultés à sortir de leur antienne : Nous ne sommes demandeurs de rien ...

La scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, exigée par le Parlement flamand, signifie donc la fin du compromis fédéral belge. Elle est à ce titre non négociable si la frontière linguistique est maintenue dans son état actuel.
Mais ce n'est pas, et de loin, le seul domaine où la Flandre pose des conditions politiques pour accepter la continuation de l'Etat belge.
La revendication de la scission de l'arrondissement électoral et judiciaire de BHV se situe sur une trajectoire qui dépasse son objet propre. Elle vise à faire place nette, géopolitiquement parlant, pour imposer la suite du programme flamand : aboutir à un confédéralisme inégalitaire qui ne conserve la Belgique que pour garder un contrôle flamand sur Bruxelles et sur un Etat-croupion bilingue.
Outre les atteintes portées aux droits des francophones de la périphérie, la scission de BHV, conjuguée avec l'extinction des facilités linguistiques, préfigure des frontières d'Etat, dans l'hypothèse où la Belgique serait scindée.
En 2030, selon les estimations de l'Institut National des Statistiques, les plus de 65 ans représenteront 43,7 % de la population flamande contre 38,5 % en Wallonie. Dès à présent, les responsables fédéraux flamands lancent des appels à la constitution de réserves en vue du paiement des pensions dans les décennies à venir.
Le P.I.B. de la Flandre est deux fois inférieur à celui de Bruxelles et il est même inférieur à celui de la Wallonie et de Bruxelles réunis. Cela montre la faiblesse intrinsèque de l'économie flamande et son étroite dépendance à l'égard de ses voisins.

Répartition du P.I.B. par tête d'habitant entre les Flamands d'une part, les Wallons et les Bruxellois d'autre part, en euros.
Flandre Wallonie et Bruxelles
25.724 26.330

La Flandre est sans conteste la plus prochaine victime prévisible d'une récession économique majeure car les bases de sa prospérité, insuffisamment diversifiées, ne sont pas saines. Plus que d'autres, elle dépend de ses exportations. Elle sera donc la première victime des délocalisations et du développement industriel et commercial de l'Asie.
Son port principal est sous-équipé. Son aéroport, Zaventem, obsolète. La Flandre indépendante est mal partie.
La Flandre ferait actuellement à la Wallonie et à Bruxelles un cadeau annuel de 10,4 milliards d'euros.
Mais il vaut vraiment la peine de scruter le manifeste de la Warande. Car à la page 213 on peut constater que la Flandre prélèverait 14,8 milliards d'euros sur la richesse créée à Bruxelles pour pouvoir asseoir les chiffres dits corrigés du produit national brut flamand ! Le passage astucieux du P.I.B. au P.N.B. relève en fait de la prestidigitation. Si l'on additionnait les performances wallonnes et bruxelloises, la Flandre serait surclassée dans pratiquement tous les domaines, P.I.B. - revenus du P.I.B. par habitant – emploi offert – etc...

Dans toutes les institutions fédérales, Ministères, Chambre des Représentants, Sénat, hautes fonctions de l'Etat, la Flandre se taille la part du lion. Il en va de même dans toutes les institutions para-fédérales et les ex-grands services publics : S.N.C.B, postes, téléphonie, aéroport national, port d'Anvers, jardin botanique. Les chiffres exacts sont rarement disponibles ou font l'objet de subtils camouflages. On sait pourtant qu'à la poste et aux chemins de fer on n'engage pas de Bruxellois. On sait qu'au greffe et au parquet du tribunal de Bruxelles, avec 65 % d'affaires françaises, il y a plus de 65 % d'employés flamands. Et tout est à l'avenant. Un francophone, sauf s'il est Français comme l'explique M. Yves Leterme !, n'a quasi aucune chance de trouver un emploi. Virtuellement, les francophones bruxellois et les Wallons sont interdits de travail et d'activité en Flandre. C'est dire que l'indépendance de celle-ci ne changerait quasi rien pour les travailleurs francophones, ce qui n'est absolument pas le cas dans l'autre sens. Car la suppression de l'Etat fédéral bilingue et du bilinguisme obligatoire à Bruxelles signifierait pour la Flandre l'obligation de recycler chez elle des dizaines de milliers de travailleurs ce qu'elle est incapable de faire.

Bien des chefs d'entreprise, l'oeil rivé sur les cours de bourse serrent donc, en Flandre, la main des Dewinter et des Annemans. Cela nous rappelle que la résistible ascension de Hitler fut soutenue par les capitaines de l'industrie allemande.

C O N C L U S I O N
La Flandre entend mettre en cause le compromis fédéral belge.
Il faut qu'on lui notifie clairement que le prix à payer pour ce fantasme sera très lourd car il repose sur des prémisses fausses et un raisonnement biaisé.
Il faut aussi que tous les francophones fassent savoir clairement à la Flandre que ses velléités de séparatisme, même larvé, sa tentative de gruger les Wallons et les Bruxellois à travers un confédéralisme qui masquerait ses objectifs, se heurteront à un refus net et catégorique, car en réalité, si la Flandre veut détruire la Belgique, elle le fera seule et les autres régions s'uniront pour lui tourner le dos. L'union de la Wallonie et de Bruxelles constitue leur force. Le passé l'a montré, l'avenir le prouvera une fois de plus.

Le document doit être finalisé. Il sera lancé publiquement en mars. Il a été soumis déjà à de nombreuses personnalités, et il est sur le point d'être relu et complété par les professeurs signataires de Choisir l'Avenir .
L'un d'eux, Bernard Remiche, nous explique : Nous sommes partants tous les quatre. Le texte réalisé par Serge Moureaux et Antoinette Spaak, nous allons y apporter des précisions, peut-être quelques accents un peu moins militants dirais-je,qui sont le fait ici, très naturellement, de deux auteurs politiques, mais moyennant un fin toilettage, nous sommes tout à fait favorables à la démarche, et nous comptons bien nous y investir. Nous souhaitons qu'un grand nombre de personnalités se mobilisent. Il faut interpeller les politiques. C'est bien le moment.

Le Manifeste pour l'unité francophone se décline en deux parties. Une première qui démonte le mythe d'une Flandre hyperpuissante. Elle prend très au sérieux les velléités de scission au Nord. En tout cas le projet d'aboutir à un confédéralisme- piège qui maintiendrait un Etat croupion juste pour servir les intérêts flamands.
Envisageant divers scénarios pour l'après-10 juin, le Manifeste presse dans un deuxième temps les politiques francophones à définir une stratégie commune, et hisse en exergue l'unité entre Wallons et Bruxellois, posée clairement en alternative politico-étatique au cas où les négociations avec la Flandre devaient tourner au vinaigre...



J'ignorais que des Wallons se préoccupent enfin réellement de leur condition. Ce que je clame depuis des lustres se retrouve, en gros, dans ce manifeste.
Les Wallons prouveraient leur maturité en prenant en compte ce qu'on y dit. Et en en tirant les conclusions qui s'imposent.
Mais si de tels propos ne peuvent que me réjouir, je subodore déjà un effet de fatigue avant qu'ils ne se mettent en rang pour se battre.
Déjà, Bernard Remiche parle de : nous allons y apporter des précisions, peut-être quelques accents un peu moins militants, ou encore : moyennant un fin toilettage.
Je le vois déjà carder sa lime bâtarde et affûter son rabot en vue d'adoucir le ton, ce qui est un geste de conciliation que j'intérprète comme un signe d'asservissement, comme le Wallon a toujours fait, à croire qu'il n'est capable que de ce genre de bassesse.
Ce serait dommage.
Si, comme je le crois au vu du passé, ce manifeste tourne en eau de boudin, au moins aurai-je rêvé un instant, un instant seulement.
Voici le lien pour atteindre ce manifeste en pdf.
Et dire que vous n'êtes que 15% a posséder Acrobate qui vous permet de lire un pdf : quelle misère ! Allez, installez quand même ce plugin qui vous hissera au rang des vrais internautes : AdobeAcrobateReader.











perk

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