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20 août 2008


À Comines, les géants sont les symboles de force et de gaieté

Les géants d'osier paradent dans les rues de notre région depuis le XVIe siècle. Carnavals, ducasses... toutes les occasions sont bonnes pour défiler. À Comines comme ailleurs, ces grandes figurines, symboles de la cité se prêtent au jeu.

messire_de_CominesLes jours de fêtes, Grande Gueuloute et P'tite Chorchire défilent dans les artères de la ville de Comines. Leur première apparition remonte aux années 1890, date à laquelle le comité organisateur de la Fête des Louches a eu l'idée de doter la ville de géants. La création de ces personnages hauts de taille et de couleur est née de la volonté d'imiter les autres cortèges célèbres du Nord où figuraient ces représentations pittoresques de héros imaginaires et de personnages historiques. Contrairement aux autres géants des Flandres qui représentaient des personnages historiques et légendaires, les géants Cominois étaient à l'image des figures locales de l'époque.

Un couple de rubanier

Plusieurs interprétations se sont fait connaître quant au nom de Grande Gueuloute qui signifie grande et forte femme dans le patois local. D'autres l'envisagent plutôt comme une personne ayant le verbe haut.

À l'origine, elle était vêtue d'un costume traditionnel une robe à bretelles et une blouse blanche.

À l'époque où ils furent créés, Comines était en plein essor industriel. La ville était réputée pour la qualité de son fil à coudre et de ses tissus, si bien qu'elle occupait la première place dans la fabrication de ruban utilitaire. Le mari en est le représentant. P'tite Chorchire est un rubanier qui s'adonnait volontiers à la fraude. Chorchire était le nom de sa barque avec laquelle il traversait la Lys.

Frontière naturelle entre la France et la Belgique, la Lys était, à cette époque, propice aux activités frauduleuses avec le passage en barque. P'tite Chorchire portait une chemise et un jupon à tissu fleuri, un gilet à carreaux et un col à petit noeud.

Ce couple, haut de quatre mètres est représentatif d'une époque de réjouissances populaires et de prospérité industrielle.

Leur balade annuelle fut écourtée par la Première Guerre mondiale. Tous deux réapparaîtront en 1923 et disparaîtront de nouveau en 1963 pour faire peau neuve. En 1987, la confrérie de la Franche Louche réalisa des nouvelles têtes en résine. Les anciennes binettes des géants sont visibles au second étage de la maison du patrimoine déclare Gérard Zègres, membre de l'association les Amis de Comines.

Au fil des années les géants ont conservé leur nom cependant leur physionomie a changé quelque peu. Le costume de la femme a varié dans les couleurs, mettant à présent à l'honneur le rouge et le vert. Concernant l'homme, le fraudeur a laissé place à l'ouvrier rubanier, portant un sarrau bleu sur lequel est épinglé la médaille du travail et une casquette à visière bleu marine.

En 1984, un nouveau géant, Buchard de Comines, a vu le jour à l'occasion du centenaire du comité de la fête des Louches. Il incarne un courageux guerrier qui, vêtu d'un costume de croisé, alla délivrer Jérusalem en 1099. Messire de Comines naquit en 1987. Ce troisième géant arpente les artères de la ville vêtu de l'habit traditionnel de la confrérie tout en brandissant une louche, signe des réjouissances.

Chaque année, ils peuvent être vus au défilé traditionnel de la fête des Louches qui a lieu le deuxième dimanche d'octobre.

Source: ÉLODIE BARTOLIC pour La Voix du Nord,
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Tourcoing/actualite/Autour_de_Tourcoing/Halluin_Vallee_de_la_Lys/2008/08/20/article_a-comines-les-geants-sont-les-symboles-d.shtml





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