Charlie Hebdo trainé devant les tribunaux pour les caricatures de Mahomet.
Plusieurs organisations musulmanes ont porté plainte contre Charlie Hebdo qui a osé publier voilà un an les caricatures de Mahomet initialement éditées dans un journal danois, le Jyllands-Posten.Cette affaire sera traitée cette semaine, les 7 et 8 février, au tribunal de première instance de Paris.
Je ne peux être qu'en plein accord avec Philippe Val, rédacteur en chef de Charlie Hebdo.
Le véritable enjeu pour un état de droit, pour une démocratie, est sa liberté de parole. Son fondement même est une critique des dogmes pour reprendre le pouvoir aux religieux afin que le pouvoir temporel soit assuré par des laïques et des démocrates et dépende du débat et de la raison des hommes et non d'une transcendance quelconque.
Lorsque la religion se subsitue aux législateurs ou au Parlement, elle doit être considérée comme une idéologie. Or c'est ce qui se passe actuellement : certains refusent à d'autres le droit de publier des caricatures qui critiquent la religion, des idées, mais qui ne critiquent pas les hommes, ce qui tomberait sous la coup de la loi.
Bon, c'est vrai, en Belgique toutes les ficelles du pouvoir ont encore plus ou moins parti pris avec l'église mais nous sommes en bonne voie.
Le débat démocratique s'actualise par une critique constante des dogmes et des idéologies.Le procès tournera autour de trois dessins : celui qui représente Mahomet arborant un turban en forme de bombe, celui où l'on voit Mahomet qui accueille les kamikazes à la porte du paradis et qui dit Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges ! et un troisième de Cabus.
Ces dessins ne confondent pas du tout l'islam et le terrorisme. Ce qui est représenté, quand on ne les interprète pas de façon primaire, c'est Mahomet avec une bombe sur la tête. Il n'y avait pas de bombes du temps de Mahomet. Ces bombes ont explosé dernièrement, donc Mahomet n'est pas impliqué. Ces caricatures, dénoncent les attentats terroristes meurtriers qui ont eu lieu partout dans le monde et encore actuellement en Irak, au nom de la religion et au nom de Mahomet. Ces dessins disent qu'il y a des terroristes fondamentalistes qui commettent des crimes de masse au nom de l'islam. Ca ne veut pas dire que l'islam est criminel. Ce serait interprétation théologique que de dire qu'ils représentent l'islam comme étant criminel. Mais une interpétation théologique ne peut se faire que par un tribunal ecclésiastique.
Quand aux soixante-douze vierges ce n'est que de la satire, et la satire est un droit inaléable des démocraties.Le troisième dessin, de Cabus celui-là, montre Mahomet qui dit : C'est dur d'être aimé par des cons. En fait le dessin démontre simplement un Mahomet débordé par les intégristes. Je crois qu'on peut traiter de cons ceux qui se posent en ennemis des états de droit et recourent à des actions violantes contre les démocraties et la liberté de penser.
Ces caricatures ne s'attaquent pas à des hommes mais à des idées. Or, en démocratie, tout un chacun a le droit de critiquer les idées par la forme satyrique qui est une forme essentielle dans les combats d'idées.
Le problème de la foi, c'est qu'elle est toujours prête à sacrifier la vérité ! Heureusement il y a des lois.
Dalil Boubakeur, directeur de l'Institut Musulman de la Mosquée de Paris, président du Conseil Français du Culte Musulman et l'Union des Organisations Islamiques de France portent plainte pour injure publique à l'égard d'un groupe de personnes en raison de leur religion.
Charlie Hebdo ne critique pas les religieux, ceux qui croient, mais on peut critiquer la religion en tant que dogme, en tant qu'idéologie. Inutile de rappeler ce que l'église a fait à Galillée parce qu'il disait que la Terre est ronde. La religion a toujours besoin de défendre ses vérités d'une façon pas toujours acceptable par la communauté des hommes.
Bizarement, Daril Boubacker a, dans un premier temps, voulu apaiser tout cela, présenter publiquement une réconciliation avec le directeur de Charlie Hebdo, puis a tout d'un coup changé d'avis : comme il est aux ordres de monsieur Sarkosy, sa décision ne peut-être que politique et nullement de caractère religieux.
De plus, pourquoi monsieur Boubacker est défendu par maître Spiner, avocat personnel de monsieur Chirac ?
L'Union des Organisations Islamiques de France a complètement noyauté la création de Sarkosy, le Conseil Français du Culte Musulman présidé par monsieur Boubakeur. Et l'UOIF n'est pas reconnue pour être particulièrement tolérante : c'est d'elle que sont partis tous les problèmes de foulards qu'ils veulent imposer dans nos écoles.Y aurait-il anguille sous roche ? On en saura plus avec le verdict.